Publication des conditions tarifaires des banques : Encore un peu flou

Une étude de le Beac récemment publiée constate que les banques doivent améliorer la lisibilité des informations communiquées.

La Beac veille à la protection du consommateur

C’est une exigence du règlement portant diverses dispositions relatives au taux global et à la publication des conditions de banque dans la zone Cemac : la publication des conditions tarifaires par les banques. Ce sont en fait les coûts des différents services proposés par les établissements bancaires à publier dans les agences, les sites Web des banques, les journaux habiletés à publier les annonces légales. Leur publication vise trois objectifs que sont la protection du consommateur, l’inclusion financière et la compétition sur le marché bancaire. La Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) vient de publier une étude dressant l’état des lieux de cette pratique au Cameroun. La banque centrale constate que la tendance est plutôt bonne. En effet, les banques qui ont l’obligation d’afficher ces conditions dans les différents lieux indiqués le font effectivement. 89% des agences de banques dans les villes de Douala, Yaoundé et Limbe où sont passés les agents de la Beac répondent à cette exigence, et 82% des conditions affichées sont facile d’accès pour la consultation.

Seulement et comme les usagers de ces services peuvent le constater, la lisibilité n’est pas toujours au rendez-vous. Quelques clients de banque rencontrés confirment en effet ne pas, malgré la volonté, pouvoir consulter ces informations. « Très souvent, je vois ces conditions publiées dans votre journal. Quand c’est ma banque, je regarde plus attentivement, mais c’est tellement dense et écrit en petit caractère que je renonce. Et donc, c’est lorsque vous avez besoin d’un service dans une banque que vous vous rendez compte que soit le prix a été modifié, soit il est maintenu », confie un usager des services bancaires. Autre chose « même dans les cas où les conditions sont publiées de la manière la plus claire possible avec une taille de police suffisante et des couleurs, ces dernières sont sous la forme d’un document avec un nombre impressionnant de lignes et des techniques qui en dissuaderaient plus d’un », peut-on lire dans l’exposé de Hermann Tankou Mefenya, analyste financier à la Beac dans le cadre de la lettre de recherche au premier semestre 2019. Ce qui complique davantage la compréhension du public.

La Beac fait donc deux principales recommandations. Elle suggère la publication sur son site de ces conditions tarifaires. Prenant l’exemple de la Tunisie où cette méthode est appliquée, la Banque centrale précise que ceci pourrait faciliter la détection de la non-conformité des banques. Par ailleurs, elle propose, image à l’appui, un extrait standard de tarifs comprenant un nombre limité de produits et services couramment utilisés par les clients. « Cet extrait se doit d’être court afin de faciliter la lisibilité et la comparabilité des tarifs pour les profanes », poursuit l’étude. Les autres éléments pourraient être compilés dans un document type. Au final, si sur le principe les banques s’alignent à la réglementation, la BEAC relève des insuffisances dans les canaux de publication mais aussi leur contenu.

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