La dernière chance

Le dernier tour qualificatif aux Jeux de Tokyo 2020 n’aura pas été favorable aux Lionnes indomptables qui n’ont pas pu arracher le ticket pour une deuxième participation aux Jeux olympiques. La déception est certes grande chez des nombreux supporters qui avaient tout misé sur cette ultime phase, dans l’espoir de voir porter très haut les couleurs du football camerounais et féminin dans l’arène internationale. Une teigneuse et très surprenante équipe de Zambie ayant décidé autrement, il est temps de revoir le récent parcours des nôtres, histoire de comprendre ce qui n’a pas bien marché pour redresser le tir.
Si on peut saluer unanimement le courage et la témérité des filles d’Alain Djeumfa qui ont eu le mérite de se hisser jusqu’au bout d’une course éreintante, ne manquant que de justesse la dernière marche pour la consécration, on peut tout aussi constater que la phase qualificative pour les J.O n’aura pas été une partie de plaisir. Aux premiers matchs relativement abordables, se sont succédé des confrontations plus ardues, notamment face à la RDC, à la Côte d’Ivoire et à la Zambie. Les scores étriqués ayant sanctionné ces différentes rencontres prouvaient au moins une chose : en Afrique, le football féminin de haut niveau n’est plus l’apanage de quelques cadors comme le Nigeria, le Ghana ou l’Afrique du Sud qui étaient invariablement présents à tous les grands rendez-vous au même titre que le Cameroun. On a quelque peu perdu de vue le fait que certaines sélections nationales moins bien classées hier ont beaucoup progressé entre temps au point de réduire considérablement l’écart qui les séparait de l’élite continentale. Qui aurait pu imaginer l’équipe féminine du Cameroun à la peine face à celle de Zambie il y a deux ans à peine ? Aujourd’hui, la réalité du terrain s’impose à tous et il faut faire avec les évolutions en cours. Il ne servirait donc à rien de se contenter de blâmer les Lionnes sans tenir compte de la nouvelle stature acquise par leurs éventuelles adversaires qui n’ont d’ailleurs pas fini de progresser sur la durée. 
A contrario, la marge de progression du Cameroun s’est heurtée ces derniers temps à quelques aléas conjoncturels dont l’impact est loin d’être négligeable tant au niveau du renouvellement des effectifs qu’à celui des performances. Après la dernière Coupe du monde de football féminin qui avait révélé de nombreuses lacunes, le staff technique a entamé la reconstruction de l’équipe avec le remplacement progressif de certains éléments-clés, notamment à l’attaque, au milieu de terrain et en défense, par quelques nouvelles figures en quête de repères solides. Le malheur a aussi voulu qu’à l’approche d’une échéance aussi capitale que les J.O, la sélection nationale soit plus ou moins expérimentale, avec plusieurs éléments en fin de cycle. Face à un phénomène somme toute naturel, les encadreurs ont le devoir d’opérer une transition la moins douloureuse possible pour préserver l’essentiel. Tout n’est pas perdu pour autant. Malgré la récente désillusion, les Lionnes disposent encore d’une dernière chance de qualification aux J.O de Tokyo. Çà sera à l’issue de la double confrontation d’avril prochain face au Chili. La sélection sud-américaine est une vieille connaissance qui a parfois porté bonheur au Cameroun aux JO comme en Coupe du monde. Mais rien n’est gagné d’avance. D’où la nécessité de procéder aux derniers réglages, de se remettre rapidement au travail pour préparer au mieux une bataille qui va se disputer sur le double plan physique et mental. Il faut oublier les déboires du passé et rester positif.
 

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