Coronavirus : le temps des sanctions

 « Dans le contexte actuel, l’indiscipline des Camerounais est un sujet de grande préoccupation car à l’allure où vont les choses, elle représente une menace plus grande que le coronavirus lui-même ». Cette affirmation d’un éminent sociologue prend un relief particulier après la déclaration spéciale du Premier ministre, chef du gouvernement, lors de la récente réunion du comité interministériel chargé d’évaluer la mise en œuvre du plan gouvernemental de riposte contre cette pandémie à dimension planétaire. Passant en revue les différentes mesures de restriction prises jusqu’ici par le gouvernement pour barrer la voie à cette hydre des temps modernes, Joseph Dion Ngute fait un constat accablant : certaines restrictions prescrites pour limiter l’expansion du virus ne sont pas respectées par un très grand nombre de Camerounais. Ceux qui pourraient en douter, n’ont qu’à faire un rapide tour dans nos deux principales métropoles que sont Yaoundé et Douala, pour se rendre compte à quel point des comportements à risque exposent certains de nos compatriotes à des dangers d’autant plus redoutables qu’on n’a pas mesuré toute la portée.
C’est ainsi que pour contourner la réglementation qui exige désormais la fermeture systématique des débits de boisson, des restaurant et autres lieux de loisirs dès 18 heures, des petits malins continuent à servir au-delà des limites prescrites, ,n’hésitant pas à accueillir des clients supplémentaires par une porte dérobée. Malgré l’interdiction des rassemblements de plus 50 personnes, les guichets de la plupart des établissements financiers (banques, le transfert d’argent, microfinances) sans oublier les entreprises de télécommunications, de distribution d’eau et d’électricité, sont toujours  bondés et pour les atteindre, il faut patienter des longues heures dans des rangs qui s’allongent à l’infini. Situation similaire dans les  marchés populaires où la promiscuité et l’insalubrité règnent en maîtres. Il en va de même pour ces clubs de sport  qui continuent d’accueillir des adeptes en grand nombre alors même qu’il a été prouvé que la respiration, la sueur ou la salive sont les principaux vecteurs de propagation. On ne s’étendra pas davantage sur le cas de ces élèves mis en quarantaine par les établissements scolaires mais qui continuent à suivre des cours de répétition dans des espaces clos, à l’abri des regards, ou à se livrer à des activités à haut risque comme la vente ambulante dans des lieux de grande affluence. S’agissant du transport urbain, par taxis ou en motos, la surcharge est toujours effective en dépit des prescriptions du ministre de tutelle. Quid de la distance minimale d’un mètre à respecter entre deux individus ? 
Il y aurait aussi beaucoup à dire sur le non-respect des règles élémentaires d’hygiène par ceux-là même qui sont chargés de notre alimentation au quotidien. En dehors de quelques boulangeries et grandes surfaces qui disposent du dispositif de désinfection des mains, c’est le laisser-aller total pour les autres. Un petit tour chez les braiseuses de poisson, les rôtisseries de viande de bœuf, de poulet ou de porc omniprésentes à tous les carrefours suffit pour constater que le vendeur ou la servante du coin ne disposent ni de cache-nez, ni de gants et encore moins d’eau courante et de savon pour désinfecter les mains avant de manger. Il est plus que temps de mettre un terme à cette situation qui relève à la fois de l’insouciance, de la défiance et de l’incivisme. La meilleure façon d’y parvenir c’est d’appliquer les sanctions prévues à tous les contrevenants, sans exception. Pour prévenir par exemple les surcharges, la promiscuité ou les contaminations alimentaires, les contrôles doivent être renforcés sur les routes, dans les marchés, les transferts d’argent ainsi que les lieux de restauration collective. 
Tous les récalcitrants qui s’entêtent à fouler au pied les recommandations du plan gouvernemental de riposte, en trouvant toutes sortes de subterfuges pour s’y soustraire, doivent savoir que la préservation des vies est de loin plus importante que leurs gains individuels ou leurs motivations égoïstes. L’approche graduelle adoptée jusqu’ici par le gouvernement ne doit pas être considérée comme un signe de faiblesse. Car même si le confinement total n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant, il n’est pas non plus exclu et pourrait arriver plus tôt que prévu si les uns et les autres ne changent de fond en comble leurs comportements suicidaires face à une pandémie qui progresse inexorablement.


 

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