A quelque chose malheur est bon

Les crises ont souvent la faculté de réveiller le génie créateur des esprits les plus vifs et les plus inventifs. Et c’est avec une certaine fierté que l’on a appris en fin de semaine dernière au détour d’une visite du ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation dans ses services, que les pouvoirs publics camerounais avaient la capacité technique de fabriquer de la chloroquine en quantité si la commande était passée et la matière première disponible. Assurément une bonne nouvelle alors que ce produit pharmaceutique revient de manière récurrente et plus ou moins probante dans les protocoles de prise en charge médicale actuellement appliqués aux victimes du Covid-19. 
Par ces temps où les frontières du monde sont fermées, les citoyens des différentes nations sont appelés à redoubler d’ingéniosité pour trouver des solutions aux problèmes qui se posent. Et de la même manière que la fermeture des frontières peut booster la consommation locale des biens et services, la situation sanitaire du moment a commencé à révéler de belles capacités à retourner une situation où le pire nous était promis. C’est vrai, l’impact économique de la pandémie du Covid-19 s’annonce sévère. Mais il sera sévère pour tous les pays de la planète. Dans ce contexte, il vaut mieux se dire que chaque pays devra d’abord pouvoir compter sur ses propres forces. Et les ressources humaines en sont l’une des plus importantes. 
Qu’il est donc soulageant de se dire qu’on a les capacités chez soi, comme nous le montre l’Institut de Recherche médicale et d’Etude des plantes médicinales (IMPM). Qu’il est réconfortant de voir sortir des laboratoires d’une université camerounaise, des stocks de gels hydro-alcooliques destinés à un marché local où la demande a littéralement explosé depuis un mois !  Et cela ne devrait être qu’un début, le Cameroun regorgeant d’un nombre respectables d’entreprises dans les secteurs pharmaceutiques et cosmétiques, qui pourraient logiquement s’engouffrer dans la brèche. Ce serait une réaction pour le moins logique et réaliste, que de s’ajuster à la loi du marché. 
De toute façon, avons-nous le choix ? Evidemment non. Alors que la réalité du Covid-19 est en train de changer notre façon de vivre au quotidien, il n’existe pas mille alternatives pour assurer notre survie. Alors que l’épidémie est loin d’avoir atteint son pic, il est clair que dans les prochains jours, les populations vont avoir de plus en plus besoin  de ces outils de prévention qui s’arrachent comme des petits pains, alimentant l’inflation chez les opportunistes. La forte demande en masques chirurgicaux pour la protection du visage, gels désinfectants et gants a vu la naissance d’un grand marché. Et il serait vraiment dommage que les opérateurs économiques n’y voient pas une opportunité, quitte à changer radicalement de secteur d’activités comme cela s’est vu ailleurs. De toute façon, ces produits qui n’exigent pas une technicité de pointe, ont déjà gagné leur place dans le groupe des biens de première nécessité. Et si les premières initiatives sont encourageantes, le souhait est que le maximum d’opérateurs s’y investissent pour une offre à la hauteur de la demande. Ce serait faire œuvre doublement utile : c’est bon pour les affaires, et c’est bon pour la santé. 
 

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